samedi 9 février 2008

Les petits hasards de la vie

Mercredi j'ai cours à la Sorbonne. C'est le seul jour de la semaine où j'y vais. C'est sympa, j'y vois un peu d'autres têtes, on discute. Le mercredi j'ai linguistique alors j'aime bien.
La semaine dernière, à la suite d'excentricités organisationelles que je passe sous silence j'avais cours de 8h à 11h -et là n'est pas le problème, je suis venue en pédalant sous le jour qui se lève et c'était super! puis de 18à20- et c'est là que les soucis commencent. Parce que bon ce dernier cours c'est vraiment pour la forme. Vraiment parce que sans ça je n'aurais eu que 7h de l'inguistique dans la semaine et c'est finalement peu! (non, je frise l'overdose, sérieux!)
Je m'en vais donc creuser mon trou dans une chaise dure de la bibliotèque, décidée à affronter sereinement ces 7h qui me séparent du cours du soir, et surtout, à être efficace. Je travaillottais tant que faire se peu, quand, au bout de 4h, les rayons du soleil et le coin de ciel bleu que j'entrappercevais au dessus de rayonnages de vitrines et de livres reliés ont commencé à me faire de l'oeil et j'ai décidé de rentrer pour profiter du beau temps. De parcourir les rues en vélo, le froid vif sur la joue, mais avec ce plaisir de voir un ciel redevenu bleu par on se sait quel miracle. J'enfourchai donc le susdit vélo et me mis en route en sifflotant, décidée à revenir en cours plus tard si vraiment la raison revenait à moi.
Sauf qu'en arrivant, j'avais un mail de facebook d'un illustre inconnu qui me proposait de gagner des places pour aller voir le concert d'Agnès Bihl. Lequel concert j'avais très envie de voir mais j'avais censuré faute de temps et de sous. Je lis la consigne qui me dit qu'il uffit d'envoyer un mail pour demander. J'obéis pour la forme, Bonjour, si vous avez des invit' pour le concert, ça me tente bien!". En un temps record, une réponse m'annonçait que j'avais deux places de côté pour la date de mon choix.
Ben, le soir même, pardi! ( en voilà un excuse qu'elle est belle pour ne pas retourner faire ce cours de linguistique!)
Le concert est venu à moi, je ne pouvais décemment pas refuser!
Et j'ai passé une super soirée!
Mr Facebook, c'est quand vous voulez que vous m'envoyez des mails!



Le cœur entre deux âges, mais plus près d' l'un que d' l'autre
Le corps entre deux chaises, mal à l'aisément vôtre
Tu portes le deuil du monde en berne sur la frime
Mais t'as la bouille toute ronde, treize ans très enfantine
Tu te teins d'idées noires sous tes boucles d'orgueil
Tu t' mets du rouge à lèvres et puis le doigt dans l'œil
Treize ans, très enlaidie, dis lady de treize ans
On t'arrache un sourire comme on t'arrache une dent
Entre la trousse d'école, et celle à maquillage
Treize ans...Très en chantage
Tu t' vautres en chocolat, mais toujours au régime
Madame aux camélias, treize ans, très androgyne
Et puis comme t'as pas de seins, du coup tu manges plus rien
L'éternel féminin, c'est pas fait pour les chiens
Et tu fais plus grand-chose, à part bien sûr la gueule
Ce que vivent les roses, tu t'en fous, t'es toute seule
En gros pull à la mer et d'un coup vamp à souhait
Pour les amis d' ton père, treize ans, très enchantée
T'as des tongs en hiver, ça fait chier ta mère
Treize ans...Très en colère !
Et puis il y a l'amour, un peu passionnément
Entre la cour d'école et puis la cour des grands
Treize ans, très empressée, t'es tombée sur les g' noux
Du seul qui te plaisait, bref !, celui qui s'en fout
C'est dur d'aimer quelqu'un quand on peut pas l' sentir
Connaître trois mots d'amour, personne à qui les dire
Mais quand on aime un mec, et même si c'est un con
On pleure au nom du saint esprit de contradiction
Et tu fumes la télé en r' gardant la moquette
Treize ans, très andouillette !
Tu hurles avec les loups, c'est mieux qu'avec les chiens
A présent qu'à treize ans, tu rêves, partie trop loin
Treize ans, très angoissée par ton père et ta mort
Treize ans, très engueulée, c'est l'âge du plus fort
Et tu mords tes blessures, tu cries, treize ans rageuse
"No futur, c'est plus sûr", treize ans très emmerdeuse
Les nerfs à fleur de peau, treize ans, très entêtée
T'as l'air d'une fleur en pot, treize ans, très empotée
Madame de treize ans, c'est vrai qu'on s'aimait pas
Treize ans, très embrouillée
Treize ans, très enterrée, je me souviens de toi
Treize ans, très envolée

mardi 5 février 2008

Bof bof bof.

Ca commence par des concours blancs en décembre. Des heures de travail et presque autant de stress. Des heures assise dans une salle à écrire des choses et d'autree en y croyant dur. Ca consiste à arriver en sachant qu'on ne sait pas traduire un texte mais en étant convaincu qu'on va profiter de cet examen pour dévoiler ses vraies compétences littéraires et traductologiques à la face du monde. On le croit, ou on se le fait croire. Selon. Juste parce qu'il faut bien croire en quelque chose. 4 épreuves de 6-7h, pendant que dehors le sol est gelé et les journées courtes et froides.
Puis il a bien fallu les recevoir ces copies. Ca a commencé par le thème, par cette phrase assassine d'un professeur se voulant encourageant "that one was a good surprise" annonçant-il en me rendant mon 4,5. Par un sourire crispé en guise de réponse. Des larmes refoulées. Etaient-elles des larmes de soulagement de ne pas avoir eu zéro, des larmes d'une pression qui fait pouf et se relache, des larmes d'incompréhension refoulées tout un cours parce que j'essaye de garder pour les toilettes ce privilège de recevoir les sécrétions lacrimales de ma tristesse? Parce que je n'ai pas l'habitude qu'on me rende un 4 en me disant que c'est mieux. Parce que je sais bien qu'il n'y avait aucune ironie, encore moins de méchanceté derrière ce commentaire, rien que des encouragements, mais mon système de repères déjà bien chamboulé depuis ce début d'année en a pris un grand coup. C'était comme un aveu d'échec. La violence de mettre des mots sur la réalité, la rendant alors plus forte et plus cruelle. "Bien pour moi" c'était donc ça. C'était largement insuffisant. C'est trop loin de tout. De tout ce que je devrais savoir faire. Trop loin de ce que les autres arrivent déjà à faire.
Ca a continué par un 14,5 en linguistique. Une note bonne, une note qui me rassure pour une épreuve qui m'a fait me crisper démesurément. Simply because.... je n'avais pas le droit d'échouer en linguistique. Parce qu'il n'y a que là que je sais que je peux. Une confiance qui génère paradoxalement des craintes. Mais produisant un sourir large comme j'en avais rarement fait depuis ce début d'année. Une note à 2 chiffres. La meilleure note de surcroit, pour moi. Je suis tellement contente.
Mais parce que les bonnes choses ont une fin-il parait, je recevai un 3 en version ce même jour, reprenant immédiatement ma place de dernière, que mes petits camarades avaient pris soin de me concerver bien au chaud. C'est-y pas mignon. J'ai honte de recevoir ces copies, honte de voire les "contre sens" s'accumuler dans la marge dans une rouge vif qui rend plus fort ma culpabilité de ne pas comprendre, plus visibles mes complexes littéraire, plus violente la réalité que je parle mal français, et les carences de mon vocabulaire. 3... dans ma propre langue. Je me glace devant la copie, j'ose à peine regarder la réalité de mes erreurs. Elles sont trop nombreuses, trop emplies d'une bêtise qui me semble incorrigible, de maladresses que je laisse mon stylo écrire alors que mon esprit sait que la plume prend la mauvaise direction. Je n'ose pas lever les yeux, croiser le regard de mon correcteur. Tout ça pour quoi? tout ça pour lire dans son regard son désolement, tout ça pour qu'il lise dans le mien ma souffrance et mes questions que je n'arrive pas à exprimer. Alors je me réfugie aux toilettes pour mieux pleurer et ainsi faire sortir ce que les mots ne veulent pas dire.
J'ai aussi eu 2 en littérature. Je ne savais même pas que c'était possible. 2. Sur ce livre que je suis visiblement la seule à avoir aimé. Les commentaires sur ma copies m'expliquent que mon anglais est bien trop faible pour prétendre au concours, barrent des arguements m'indiquant qu'ils sont "absurdes" (non, ça ne fait pas mal du tout de lire ça). J'ai cru que ce rendu de copie ne se terminerait jamais. Je voyais ma copie occuper sa place habituelle du fond de paquet, me laissant deviner que j'étais l'heureuse vainqueur de la plus mauvaise note. Et je n'avais plus qu'à l'attendre. Les commentaires qu'elles adresse aux autres résonnent dans ma tête, très lointains. Je pense à ce nouvel échec. J'avais cru jusqu'ici avoir des difficultés en traduction.
Je peux maintenmant dire que je ne sais pas non plus faire un commentaire littéraire.
Mon coeur s'entortille en se serre bien fort dans ruban noué bien fort de mauvaises notes qui me fait souffrir. Je le sens tout ratatiné et moi avec. Je voudrais .... je ne sais même pas ce que je voudrais.
Que cette année se termine pour qu'on n'en parle plus ou qu'elle s'allonge pour que je puisse tout faire, tout apprendre?
Je voudrais arrêter de pleurer mais je n'y arrive pas.
Je voudrais juste sentir l'espoir se lire sur mes copies.
Sentir qu'un jour je finirais mes études et que tout cela sera derrière moi.
Je voudrais réussir à être forte mais je n'y arrive pas.

A part ça il me reste une copie de concours blanc à recevoir.
A part ça, puisqu'il parait qu'on progresse, mes dernières notes de version sont 3, 1 et un trophée datant d'aujourd'hui que le professeur, genê, n'a même pas osé noter, rendant encore plus visible ce zéro non marqué.
Je remets un petit coup de larmes pour fêter tout ça. Parce ça je sais faire; à défaut de mieux.